Le champion mondial du covoiturage, Blablacar, pourrait prochainement faire son entrée en Bourse ! Si aucune date n’a à ce jour été annoncée, la start-up vient en tout cas d’effectuer une nouvelle levée de fonds de 115 millions de dollars et entend bien développer de nouveaux projets pour les prochaines années

Une future entrée en Bourse

Si le leader français du covoiturage, Blablacar, ne l’a pour le moment pas officiellement déclaré, la start-up pourrait bien réaliser prochainement son entrée en Bourse. Le mardi 20 avril dernier, l’entreprise française a ainsi annoncé à l’AFP, avoir réalisé une nouvelle opération de financement : une levée de fonds , de 115 millions de dollars.

Malgré la crise sanitaire qui a ralenti la société,  la start-up ne se laisse donc pas abattre, d’autant que l’absence de coûts fixes de cette dernière, devrait lui permettre de se remettre rapidement sur pied.

« Nous sommes dans le rouge certes, mais nous avons pris des parts considérables de marché aux autres acteurs du transport qui ont plus de difficultés à gérer cette crise parce qu’ils ont beaucoup plus de coûts fixes », a ainsi souligné le directeur général du groupe, Nicolas Brusson.

Déjà, l’entreprise entend relever de nouveaux défis à travers différents projets et devenir rentable en 2022.

Élargir son réseau de bus en Europe de l’Est

Après avoir déployé son activité au Mexique, en Russie, en Ukraine, en Inde ou encore au Brésil ces dernières années, Blablacar continue de travailler sur ses marchés.

Si sur certains marchés européens l’offre de bus est ainsi bien présente, elle ne dispose pas en revanche, de services numériques pour acheter les billets et préparer les voyages. Une opportunité que compte donc bien saisir très prochainement la start-up.

« L’idée c’est qu’en 2022 on soit capable de proposer un réseau de bus qui soit au moins deux fois celui de 2019 », ambitionne plus particulièrement Nicolas Brusson.

Créer une application multimodale

En outre, Blablacar compte revoir son application, dans le but de devenir une référence multimodale. Plus concrètement, les utilisateurs de l’application pourront y rechercher les possibilités de trajet d’un point A à un point B, via plusieurs modes de transports, à l’instar des trains, des bus et bien sûr des covoiturages.

Par ailleurs, il sera possible pour les voyageurs de regrouper un trajet en train, en bus et en covoiturage, sur une seule et même réservation et sur un billet de transport. L’objectif étant notamment d’intégrer les offres de la SNCF sur son application.

Pour rappel, en 2018, la SNCF avait vendu sa filiale de liaison par bus, Ouibus, à BlaBlaCar et était ainsi entrée au capital de la plateforme de covoiturage.

Une explosion de voyageurs attendue à la fin du confinement

Au final, le covoiturage s’en sort donc plutôt bien par rapport aux autres moyens de transport face à la crise. « En France, les volumes en sont à peu près la moitié de 2019 à la même période, alors qu’on est quand même en confinement. Il y a une population frustrée qui veut voyager, plus jeune que la moyenne, comme le sont souvent nos membres », a ainsi expliqué Nicolas Brusson.

En outre, le directeur général prévoit une explosion du nombre de voyageurs à la fin du confinement. « Il y aura une accélération très rapide en France et dans les pays européens, c’est très clair. Ce qui est moins clair, c’est le timing ! », a-t-il ajouté.

BlaBlaCar a collecté plus d’argent privé en 10 ans que Deezer

Le succès n’est donc pas prêt de s’arrêter pour l’entreprise française qui en 10 ans, a désormais levé plus de 500 millions d’euros. Selon les données de la plateforme Dealroom, qui recense toutes les opérations financières des start-ups, BlaBlaCar est d’ailleurs l’entreprise française tech qui a collecté le plus d’argent privé sur les dix dernières années, dépassant notamment Deezer (480 millions d’euros levés entre 2007 et 2018), ou encore Vestiaire Collective (397 millions d’euros).

Parmi ses investisseurs, on compte notamment Isai, Quadriplay Ventures, Cabiedes & Partners, qui à eux trois ont investi  1,5 million d’euros en 2011 dans l’application. Mais également plus récemment, l’américain Index Ventures, le russe Baring Vostock, ou encore la SNCF.

La start-up compte près de 90 millions d’utilisateurs

Pour rappel, l’entreprise a été fondée en 2006, sous le nom de covoiturage.fr par Frédéric Mazzella, ensuite rejoint par Nicolas Brusson et Francis Nappez. L’idée consistait alors, à mettre en relation des passagers ayant besoin de se déplacer, avec des conducteurs réalisant ce même trajet, le tout en partageant les frais.

Et si personne ne croyait à leur projet à ses débuts… en 2008, leur produit était déjà utilisé par des dizaines de milliers de personnes en France ! Aujourd’hui devenue Blablacar, l’entreprise compte ainsi plus de 90 millions d’utilisateurs, dont 15 millions en France et est présente dans plus de 22 pays à travers le monde.