C’était une rumeur tenace et persistante qui parcourait les colonnes des journaux économiques depuis cet été. Le géant allemand de la distribution, Ceconomy, souhaitait racheter l’intégralité de l’entreprise française Fnac-Darty. L’opération aurait valorisé l’entreprise à 2,7 milliards d’euros, mais elle n’aura finalement pas lieu.

Une entreprise trop fragile

Ceconomy est le leader allemand de la distribution de matériel électronique et possède de très nombreux magasins et succursales à travers le monde. En 2017, l’entreprise avait déjà racheté 24,3 % des parts de Fnac-Darty, c’est-à-dire l’intégralité de celles appartenant à la famille Pinault. Le montant de la transaction s’était élevé à 452 millions d’euros.

Un an plus tard, l’entreprise allemande avait laissé courir le bruit selon lequel elle se préparait à racheter 100 % de l’entreprise à raison de 100 € par action, contre 70 € par action lors du rachat des parts de la famille Pinault. Cependant, la fragilité économique de l’entreprise révélée au cours de l’année 2018 a forcé ses dirigeants à limiter les dépenses et à réduire le nombre de rachats et d’ouvertures de magasin.

Une décision qui rassure

L’entreprise Fnac-Darty ne connaît pas une période de véritable croissance et sa santé économique, mais les Français, tout comme ils aiment trader les Actions Michelin, sont attachés à ce symbole de la grande distribution française. L’annonce d’un potentiel rachat faisant passer les magasins sous la bannière allemande, avait donc peiné les Français.

En effet, comme certaines marques du domaine de l’industrie — Michelin, Renault, Alstom, etc. — la Fnac bénéficie de l’image positive de ces entreprises que le grand public assimile à la création et à l’économie française, même si ce n’est jamais totalement vrai. La Fnac est allemande pour le quart de ses actions, Alstom a été vendue par Emmanuel Macron quand il était ministre de l’Économie, etc.

Malgré cela, l’annonce du recul de l’entreprise Ceconomy a rassuré beaucoup d’acteurs économiques français, ainsi que le grand public. L’entreprise reste dans une situation économique délicate, mais elle est toujours française.

Le commerce en ligne responsable

Si on creuse un peu les raisons du recul de Ceconomy et que l’on cherche au-delà de ses mauvais résultats de cet été, on découvre que l’entreprise subit de plein fouet la concurrence du commerce en ligne et d’Amazon en tête. L’entreprise Fnac-Darty doit également une grande partie de ses difficultés à l’essor du commerce en ligne.

Effectivement, il est difficile pour les magasins d’électronique, malgré leur immense succès de faire de la concurrence au géant Amazon. Les consommateurs français, bien qu’inquiets de voir la Fnac disparaître ou devenir allemande, sont d’ailleurs parmi les plus gros consommateurs mondiaux sur le site Amazon.